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Rue de la Monnaie

  1. Le temps de l’atelier monétaire
  2. La rue de la Monnaie débaptisée
  3. Retour à la rue de la Monnaie sous Robert Galley
  4. Les Tricasses frappaient déjà monnaie

Troyes - rue de la Monnaie - hier - © DR

Troyes – rue de la Monnaie – hier – © DR

Depuis un temps immémorial, les ateliers monétaires des seigneurs suzerains de Troyes et de la Champagne se trouvaient dans la tête du Bouchon de Champagne (correspondant à l’implantation Gallo-Romaine de la Cité), rue de la Monnaie, qui était la rue Boucherat d’aujourd’hui, qui a succédé à la rue de la Vieille Monnaie, puis à la rue du Flacon et à la rue du Petit Séminaire. Elle a aussi reçu le sobriquet de la rue des Malheureux à cause du passage des condamnés conduits au supplice, mais aussi rue des Juifs, en raison du voisinage de la Juiverie, et même rue des Sonnettes.

Le temps de l’atelier monétaire

Vers 1340, la fabrication des monnaies est transférée dans la partie haute de la ville, rue de Pontigny – notre rue de la Monnaie actuelle -, dans la maison de refuge de l’Abbaye de Pontigny, quadrilatère compris entre les n°52 à 58, face à l’hôpital Saint-Bernard et la rue du Bourg neuf – rue du Palais de justice aujourd’hui. L’atelier y demeure jusqu’en 1772.

Cette rue a porté plusieurs noms :

  • de la rue des Quinze-Vingts à la rue Bruneval : rue de la Vieille Saulnerie (marché au sel) en 1428, rue du Tabellionage Saint-Etienne, rue du Chaperon et rue de l’Auditoire en 1530) ;
  • de la rue Brunneval à la rue Colbert : rue de la Prévôté-de-Pont, puis rue du Fer en 1411.

En 1394, l’atelier monétaire déménage au n°60, et la rue devient quelques années plus tard, vers 1450, la rue de la Monnaie. Suite au grand incendie qui ravage la ville en 1524, les locaux détruits sont reconstruits, puis acquis par le domaine du roi. Les bâtiments sont transformés à de nombreuses reprises notamment au XVIIIe siècle. Pendant la Révolution, la rue de la Monnaie devient rue de l’Egalité.

La rue de la Monnaie débaptisée

Le 3 février 1937, le maire socialiste de Troyes, René Plard (commis des PTT, pionnier du syndicalisme des PTT, puis avocat, fondateur dans le département de l’Aube du Parti communiste français) et son conseil municipal débaptisent la rue de la Monnaie, pour lui donner le nom de rue Roger Salengro, ministre de l’intérieur du Front populaire, qui, calomnié par une campagne de presse, se suicida en novembre 1936. Elle est inaugurée le 4 juillet, en même temps que celle ces nouveaux bâtiments de l’Hôtel de Ville.

Modifiée par le gouvernement de Vichy le 6 décembre 1940, sous l’occupation allemande, la rue reprend son nom de rue de la Monnaie, jusqu’au 9 novembre 1944. Ce jour là, Fernand Giroux, alors maire (nommé par le préfet en 1944, puis élu en 1945) propose au conseil municipal de redonner son nom à la rue Roger Salengro. Les conseillers d’opposition le refusant, la délibération est mise aux voix : 18 votent contre, 2 pour et 6 s’abstiennent. La rue reprend donc son ancien nom.

Retour à la rue de la Monnaie sous Robert Galley

Le 6 mars 1990, l’Association des commerçants (31 signatures) de cette rue demande au maire de bien vouloir redonner le nom de « rue de la Monnaie », nom plus approprié avec le caractère de la ville et du quartier. Le 26 mai 1992, sous le mandat du maire de Troyes, Robert Galley, le maire-adjoint, Jacques Schweitzer vote avec le conseil municipal le rétablissement du vrai nom de rue de la Monnaie.

Pour ce dernier, il était effectivement « indispensable, qu’une rue du cœur de la ville, porte le nom de Rue de la Monnaie, car l’institution de battre la monnaie a été pendant des siècles, un facteur de prospérité économique de la ville, le reflet de la grandeur de Troyes, capitale de la Champagne ».

Les Tricasses frappaient déjà monnaie

Dès le premier siècle avant notre ère, les Tricasses frappaient en effet déjà monnaie : on a trouvé des pièces gauloises, mérovingiennes, et carolingiennes dans notre sol. En 1994, a été mis à jour le plus important trésor de l’empire romain d’occident trouvé en France : 186.200 pièces en bronze contenues dans une amphore gauloise, près de l’ancienne porte de Chaillouet.

La monnaie troyenne est restée ouverte 12 siècles, de l’époque mérovingienne à la veille de la Révolution. Le chapitre de la cathédrale de Troyes avait le privilège de posséder un atelier monétaire. Vers 969, il passa aux mains du comte de Troyes, Robert de Vermandois. Jusqu’au XIIIe siècle, le Comte de Troyes sera le seul maître des monnaies.

En 1304, le roi Philippe le Bel reconnaît la nécessité de battre monnaie à Troyes, car la ville est l’un des plus importants marchés financiers du temps. La monnaie de Troyes connaît une très bonne activité pendant le XVIe siècle, avec l’invention du balancier ou presse, permettant d’améliorer la frappe, et de produire des pièces parfaitement rondes, décourageant ainsi l’industrie des faux-monnayeurs.

Encore aujourd’hui, l’unité de vente pour les métaux précieux sur le marché de Londres, est l’once-troy, dérivée de la livre-troy, employée aux foires de Troyes.

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