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Rue Urbain IV

  1. Richesses et crédits des marchands
  2. Les anciennes boucheries
  3. Pourquoi la rue Urbain IV ?
  4. Les marques indélébiles de l’incendie de 1985

Troyes - rue Urbain IV - hier © DR

Troyes – rue Urbain IV – hier © DR

La rue Urbain IV prend ce nom par décision du conseil municipal de Troyes du 12 août 1851. Initialement, elle se composait de troyes rues, courant de l’ouest à l’est, la petite rue Pipejai, celle de la Bourserie et la rue Moyenne.

La rue Urbain IV qui débute place de la Libération (ancienne place de la Préfecture), porta le nom de rue Moyenne (en 1260 : vicus medius). Elle était en effet située entre les 2 grandes voies qui lui sont parallèles, les rues Général-de-Gaulle et Emile Zola d’aujourd’hui, et partageant la ville en deux parties à peu près égales.

Pipejai, ou plus exactement, Papejai, signifie perroquet en vieux langage. Il existait à Troyes plusieurs enseignes à ce nom. On nommait ainsi l’oiseau qui servait de but aux exercices des arbalétriers et arquebusiers.

Richesses et crédits des marchands

Le passage étroit entre la rue du Petit Cimetière Saint-Jean et la rue du Petit Credo fut appelée rue de la Bourserie. Les boursiers ou tassetiers, dont l’industrie était attachée à ce quartier, étaient fort nombreux. Souvenons-nous du dicton du moyen-âge : « Bourses de Troyes ». Cela s’entendait des richesses et du solide crédit de nos marchands.

Les bourses étaient alors une partie essentielle du vêtement, soit qu’elles fussent pendues ou cousues à la ceinture. Cet usage remonte à une haute antiquité. La fouille des cimetières mérovingiens nous fait découvrir les débris de la bourse à côté du couteau, de la clef et des armes. Les anciens statuts de notre Hôtel-Dieu disent que les sœurs doivent porter « zonas cum bursa, custello e’aculcario ».

Les anciennes boucheries

Nos anciens estimaient qu’« en la ceinture gisait la remembrance générale de tous nos biens », c’est pourquoi ils y attachaient leurs clefs, leurs couteaux, leurs bourses ou gibecières, leurs épées ou écritoires. Les bourses étaient habituellement faites en peau, soit chevreau, soit lièvre ou autres. Parfois aussi la gibecière du chevalier ou l’aumônière de la châtelaine, tissées en fil d’or et de soie de diverses couleurs, étaient de véritables objets d’art. On a conservé celles de nos Comtes.

Entre les numéros 51 et 53, se trouve l’emplacement de nos anciennes boucheries. Elles formaient quatre halles à pignons s’unissant par les côtés, et renfermant des « étails ». Trois de ces halles servaient à l’origine « aux cordouaniers, vachiers et basaniers ». La communauté des bouchers était l’une des plus nombreuses et des plus riches de la cité.

Troyes - rue Urbain IV - place des Anciennes Boucheries - hier - © DR

Troyes – rue Urbain IV – place des Anciennes Boucheries – hier – © DR

La partie de cette rue faisant face à l’abbaye Notre-Dame-aux-Nonnains était appelée rue du Cimetière Notre-Dame.

La rue Urbain IV, de la rue du Coin-Coignier à la rue Mignard, fut la rue de la Potence. Elle longe ensuite le côté nord de la place du Marché-au-pain (anciennement Marché-aux-Herbes).

Pourquoi la rue Urbain IV ?

Mais, pourquoi avoir appelé cette rue, la rue Urbain IV ? Jacques Pantaléon naît à Troyes, en 1185. Son père est savetier. Il fait ses études aux écoles gratuites de la Cathédrale. L’Eglise de Troyes l’envoie à l’Université de Paris. Il a « un talent décidé pour la chaire, une belle voix, un cœur mâle, une âme forte, un génie élevé, une figure agréable…. ». Après son sacerdoce, l’évêque lui demande de prêcher dans la cathédrale, et il y attire aussitôt les foules.

Il devient ensuite vicaire de l’évêque de Laon, archidiacre de l’évêque de Liège. En 1245, le pape Innocent IV le nomme chapelain du Vatican, puis trésorier de la basilique Saint-Pierre et évêque de Verdun en 1252. Le pape Alexandre IV, en 1255, le consacre archevêque de Jérusalem avec le titre de Légat de toute la Terre-Sainte. A la mort du pape en 1261, il est élu comme successeur par le Sacré Collège à l’unanimité, sous le nom d’Urbain IV, alors qu’il n’est point cardinal.

Il n’oubliera pas la ville où il est né, et fait construire l’église Saint-Urbain à l’emplacement de l’échoppe de son père. Il décède le 2 octobre 1264 à Pérouse. Jacques Pantaléon émet à plusieurs reprises le vœu d’être enterré dans la basilique dédiée à son patron. Ses reliques reviennent à Troyes en 1905. Les plus grands historiens, les présidents de Sociétés Académiques sont unanimes : « Jacques de Troyes est l’une des plus pures gloires troyennes ».

Les marques indélébiles de l’incendie de 1985

Les Troyens se souviendront longtemps de l’incendie titanesque dans la nuit du 8 au du 9 janvier 1985, par une température de moins 25 degrés, entre la rue Urbain IV et la rue Emile Zola. Quinze immeubles sont la proie des flammes.

Troyes - rue Urbain IV - L'incendie de janvier 1985 - Tiré du blog de l'auteur © J. Schweitzer

Troyes – rue Urbain IV – L’incendie de janvier 1985 – Tiré du blog de l’auteur : jschweitzer.jimdo.com © J. Schweitzer

180 pompiers, de 15 centres de secours, sont engagés. Le gel atteint les canalisations, les raccords, les lances. De nombreux tuyaux éclatent, les manettes des lances sont bloquées, et il faut des chalumeaux pour les dégeler. Il devient alors aussi difficile de déployer les échelles, qui se couvrent de glace en raison des retombées d’eau… qui gèle sur les casques, les vestes de cuir, les gants, et les moustaches !

Toute cette eau déversée gèle sur le sol, transformant les rues en banquises, et les murs en murailles de glace… Toutes les radios et télévisions ne parlaient que de « l’immense incendie qui détruit tout le centre historique de Troyes » !

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